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Le projet « Lutte antimines durable en soutien aux réfugiés, déplacés internes et communautés affectées par les conflits en République démocratique du Congo », financé par l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA) et mis en œuvre par le service de la lutte antimines des Nations unies (UNMAS) en partenariat avec le Centre congolais de lutte antimines (CCLAM) depuis novembre 2022, a été clôturé mercredi 27 août 2025 à Kinshasa.
Ce projet a notamment permis la destruction de 450 restes explosifs de guerre, de 9 248 munitions de petit calibre et de 36 mines antipersonnel. Un travail salué par le CCLAM dont le coordonnateur national, Emmanuel Lokinu, s’est félicité de l’assistance de l’UNMAS, « un acteur dévoué ». « La présence de l’UNMAS est si importante. Son apport technique est primordial dans notre travail », fait-il savoir. Selon lui, ce projet a permis à nombreuses communautés rurales de reprendre leurs activités champêtres qu’elles avaient abandonnées à cause des risques liés à la présence de restes explosifs de guerre. « Les mines empêchent les paysans de s’adonner à l’agriculture, les enfants de jouer », a-t-il martelé.
Au total, 67 865 m² ont été déminés manuellement et 330 615 m² de zones de combat nettoyés. Pour Jean-Denis Larsen, en charge du programme de UNMAS en RDC, plus que le nombre de restes explosifs de guerre détruits, c’est l’étendue de la superficie dépolluée qui importe. Les suspicions d’une présence d’un engin explosif peuvent éloigner des communautés entières de grandes étendues de terre de pâturage ou de culture, les privant ainsi de leurs moyens de subsistance.
« Des vies sauvées »
Présent à la cérémonie de clôture, le directeur pays de KOICA, Choi Yonjae, s’est réjoui du fait que ce projet ait permis de sauver des vies humaines. « Chaque engin désamorcé est un danger en moins », a-t-il noté, rappelant que son pays a également connu des épisodes violents qui ont appris à ses habitants l’importance de la lutte antimines. Jean-Denis Larsen a, pour sa part, rappelé le témoignage d’une habitante de l’Ituri dont le champ avait été dépollué l’année dernière : « Vingt-huit mines neutralisées, ce sont vingt-huit vies humaines sauvées et des mutilations évitées ».
Le projet financé par KOICA à hauteur de 6 000 000 dollars américains a été mené dans trois provinces : Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu. Des provinces en proie à des violences armées depuis de nombreuses décennies. L’ambassadeur de la République de Corée, Jeong Hong Geun, souligne que son pays est engagé à faire progresser la lutte antimines contre les mines, un combat nécessaire pour permettre à des communautés entières de travailler sans peur et de produire pour leur prospérité.
Sensibilisation des communautés paysannes
« Les mines et les restes explosifs de guerre mettent en danger les vies humaines, freinent le développement de l’agriculture et empêchent le retour des déplacés », a rappelé Jeong Hong Geun. Le projet « Lutte antimines durable en soutien aux réfugiés, déplacés internes et communautés affectées par les conflits en République démocratique du Congo » a également permis de cartographier les zones polluées par les restes explosifs de guerre et les mines.
Tout au long de sa mise en œuvre, des campagnes de sensibilisation ont également été menées auprès des communautés : plus de 200 000 femmes, hommes, filles et garçons ont été formés aux dangers des engins explosifs, contribuant à des comportements plus sûrs et à la réduction des risques pour les populations vulnérables.
Quelque 24 personnels et 68 agents issus d’ONG nationales œuvrant dans la lutte antimines ont également été formés, renforçant ainsi les capacités opérationnelles locales. Des agents du Centre congolais de lutte antimines (CCLAM) ont bénéficié de formations ciblées sur la gestion de l’information. Enfin, un plan de mise en œuvre du déminage 2025-2027 suivant une enquête réalisée par le CCLAM dans les provinces de l’Ituri, Nord et Sud-Kivu a été développé.
Distribué par APO Group pour Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO).